A peine installé, le tout nouveau gouvernement fédéral s’attèle à lutter contre le trafic de drogues. Pour cela, l’Arizona prévoit aussi de sanctionner davantage les consommateurs. Or, les mesures répressives ont très peu d’effets.
(…) «Je ne peux pas dire que la répression n’a pas d’effet du tout, mais ce n’est pas un outil qui fonctionne pour diminuer la consommation de drogue, affirme Pablo Nicaise, docteur en Santé publique à l’UCLouvain et coordinateur adjoint de la Cellule générale de politique en matière de drogue. Pas au point de dire que c’est parce qu’il y a de la répression qu’il n’y a plus de consommation», tempère-t-il. Alex Stevens, professeur de droit pénal et criminologue à l’Université de Sheffield, estime dans ses travaux que le niveau de consommation de cannabis dans un pays est indépendant du niveau de sanctions. Qu’elles soient renforcées ou allégées, le niveau d’usage n’est pas lié.
(…) En Belgique, c’est un quart de la population qui a déjà consommé du cannabis, selon un rapport d’information sur l’évaluation des politiques en matière de drogue validé par le Sénat en 2024.
(…) «s’attaquer aux consommateurs dans l’intention de limiter le trafic et la criminalité n’est pas une bonne stratégie», affirme Pablo Nicaise. D’autant plus que les mesures répressives éloignent les [personnes dépendantes] de l’accès aux soins.
(…) Pour limiter la consommation, le meilleur moyen reste la prévention. La Féda bxl regrette le manque de moyen alloué au secteur: «Seulement 1% du budget pour la lutte contre la drogue est alloué à la prévention», déplore Stéphane Leclerq.
Lire l’article : Les consommateurs de drogues dans le viseur de l’Arizona: pourquoi c’est contre-productif (Le Vif, 20/2/2025)
