L’e-Mag Bruxelles Santé (Question Santé) propose, dans son édition de septembre (#23), un dossier consacré aux drogues et addictions : Consommation de drogues : changer de paradigme ? On y retrouve une interview de Michaël Hogge (Eurotox) qui dénonce le fait que « beaucoup de moyens qui visent la répression, pas assez pour aider les usagers », ainsi qu’un article sur la réduction des risques, outil d’intérêt général, qui permet de veiller à la santé et la sécurité de tous et de pacifier les quartiers, réalisé avec Transit asbl. Un dossier réalisé par Nathalie Cobbaut.
Introduction
Selon la loi du 24 février 1921, en Belgique, la production, la détention et la vente de drogues illicites sont réprimées. Un arrêté royal du 31 décembre 1930 détermine les substances considérées comme illicites et leurs modalités de répression, à la différence de 30 pays qui ont décriminalisé l’usage des drogues, à divers degrés et selon divers modèles (voir www.talkingdrugs.org/drug-decriminalisation). C’est notamment le cas du Portugal, qui a choisi cette voie pour toutes les drogues, en accompagnant cette mesure d’une politique de santé publique comprenant prévention, réduction des risques, soins adaptés et dissuasion, avec des résultats plutôt probants en matière de santé des usager·e·s. Chez nous, la nouvelle coalition en piste au gouvernement fédéral depuis l’an dernier prône la tolérance zéro et vise les usagers comme étant coresponsables des conséquences du narcotrafic. Cet été, c’est la réduction des risques qui était dans le collimateur, alors même qu’elle est reconnue de manière unanime comme étant un vecteur de santé publique. Le point sur la situation à Bruxelles et sur l’impact des mesures de réduction des risques prises ces dernières années dans la capitale.
Articles
Michaël Hogge, Eurotox : « Beaucoup de moyens qui visent la répression, pas assez pour aider les usagers »
Avec l’augmentation de la violence et de la criminalité associée aux drogues, la gestion de la consommation semble prendre un tour plus répressif, alors même que toutes les instances internationales, comme l’OMS, reconnaissent la nécessité d’une approche comprenant des actions de prévention, de traitement et de réduction des risques à l’égard des usager·e·s. Avec Michaël Hogge, chargé de projets à l’Observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie et à Bruxelles Eurotox, nous avons tenté de dresser un état de la situation à Bruxelles, où le climat est très tendu depuis plusieurs mois et mène à des prises de position à l’emporte-pièce, dans le chef de certains.
La réduction des risques, pour veiller à la santé et la sécurité de tous et pacifier Bruxelles
Depuis le Covid, les publics déjà précarisés l’ont été davantage et le recours aux drogues, telles que la cocaïne et le crack, a fortement augmenté. Les services d’aide de première ligne et bas seuil sont complètement saturés et peinent à absorber toutes les sollicitations. A Bruxelles, l’absence de gouvernement met en péril un certain nombre de dispositifs existants. Pourtant les acteurs de terrain font un travail d’accueil, de soins, mais aussi de réduction des risques et de prévention considérable. C’est le cas de l’asbl Transit, en charge de la salle de consommation Gate parmi bien d’autres missions.
