Principaux résultats de l’enquête européenne menée en milieu scolaire sur l’alcool et les autres drogues (ESPAD) en 2024

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Les résultats de l’ Enquête européenne en milieu scolaire sur l’alcool et les autres drogues (ESPAD) 2024 viennent d’être publiés dans un nouveau rapport exhaustif analysant les comportements de consommation de substances chez les adolescents à travers l’Europe. Ce rapport, qui approfondit les principaux résultats  publiés en mai 2025, dresse le portrait d’une génération en pleine mutation. Notons que les données ne sont pas disponibles pour la Belgique, nos régions ne participant pas à la collecte de données…

La consommation d’alcool, de tabac et de cannabis chez les adolescents continue de diminuer, mais de nouveaux risques comportementaux et sanitaires apparaissent. Le rapport souligne les inquiétudes croissantes concernant l’utilisation accrue de la cigarette électronique, l’usage non médical de médicaments et la forte augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux, des jeux en ligne et des jeux d’argent chez les adolescents. Ces tendances sont particulièrement marquées chez les filles, où les écarts de consommation de substances psychoactives, longtemps observés entre les sexes, semblent se réduire, voire s’inverser.

Selon le rapport : « Bien que la baisse continue de la consommation de substances psychoactives soit une bonne chose, il est clair que cela ne correspond pas nécessairement à une réduction des risques. En effet, l’imbrication de la consommation de substances psychoactives et des comportements numériques à risque représente un défi nouveau et complexe pour la santé publique. »

L’étude, réalisée en collaboration avec l’Agence européenne des drogues (EUDA) et coordonnée par le Conseil national italien de la recherche (CNR), est basée sur une enquête menée en 2024 dans 37 pays européens, dont 25 États membres de l’UE 1. Il s’agit de la huitième vague de collecte de données menée par le projet ESPAD depuis 1995, et la première réalisée après la pandémie de COVID-19. Au total, 113 882 élèves (âgés de 15 à 16 ans) ont participé à cette dernière enquête en répondant à un questionnaire anonyme. Cette édition marque 30 ans de suivi des comportements à risque chez les adolescents en Europe.

Parmi les nouveaux défis en matière de politiques et de pratiques, le rapport met en lumière trois priorités stratégiques.

  • Développer la prévention fondée sur des données probantes — Des approches de prévention plus larges et fondées sur des données probantes sont nécessaires pour appréhender l’ensemble des comportements à risque chez les jeunes d’aujourd’hui. Le déploiement du Programme européen de prévention ( EUPC de l’agence) de l’EUDA — un programme de formation largement adopté par les professionnels de la prévention — constitue un progrès significatif, tout comme le registre Xchange recensant les programmes de prévention évalués.
  • Priorité à la santé mentale et au bien-être — De nouvelles vulnérabilités exigent une attention accrue portée à la santé mentale et au bien-être dans les écoles et les communautés. Des approches de promotion de la santé tenant compte des spécificités de genre sont nécessaires pour mieux appréhender les risques émergents chez les adolescentes.
  • Gestion des environnements numériques — Il est urgent de mettre en place des mesures pour limiter l’exposition précoce des jeunes aux risques numériques. Il s’agit notamment de lutter contre les dangers potentiels des jeux en ligne (par exemple, leur caractère addictif) et d’empêcher l’accès des mineurs aux jeux d’argent en ligne (par exemple, en renforçant l’identité numérique et la vérification de l’âge).

Le rapport conclut en soulignant la nécessité de mieux comprendre et de répondre aux changements complexes et dynamiques qui façonnent la vie des jeunes, et de bâtir la confiance grâce à des interventions multisectorielles et adaptables. « Seule une telle perspective systémique permettra de transformer le risque en résilience et de créer des environnements propices à l’épanouissement d’une jeunesse plus saine et consciente d’elle-même. »

Le suivi continu et collectif mené par le projet ESPAD joue un rôle essentiel dans l’amélioration de la compréhension des comportements à risque chez les adolescents et dans la fourniture de données probantes solides et comparables dans le temps et entre les pays, afin d’éclairer les politiques publiques. Le rapport ESPAD 2024 , publié aujourd’hui, offre des perspectives uniques pour orienter la prévention et les politiques publiques.

Liens

Notes

1 Rapport ESPAD 2024 : Résultats de l’enquête européenne menée dans les écoles sur l’alcool et les autres drogues  

Pour garantir une accessibilité aussi large que possible, cette édition est accompagnée d’une gamme d’outils supplémentaires.

L’ensemble des données sur lesquelles repose ce rapport, y compris tous les tableaux standard, est disponible en ligne . Tous les tableaux peuvent être téléchargés au format Excel et utilisés pour des analyses complémentaires.

Un résumé des résultats de l’enquête a été publié par les organisations en mai 2025 et est disponible en 25 langues. Voir le communiqué de presse .

En outre, le portail de données ESPAD offre un accès libre à 30 ans de données ESPAD sur la consommation de substances et d’autres comportements à risque, permettant aux chercheurs, aux décideurs politiques et au public d’explorer les tendances et d’effectuer des comparaisons internationales.

À propos de l’enquête

2024 Les résultats de l’ESPAD portent sur l’expérience et la perception des élèves concernant diverses substances, notamment le tabac, l’alcool, les drogues illicites, les inhalants, les médicaments et les nouvelles substances psychoactives (NPS). L’utilisation des médias sociaux, les jeux vidéo et les jeux d’argent sont également abordés. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et des conflits persistants en Europe et au Moyen-Orient, l’ESPAD a renforcé son engagement en faveur du bien-être mental des adolescents. Cette nouvelle édition de l’enquête met l’accent sur le bien-être mental et les actions de prévention, reconnaissant ainsi l’importance croissante de ces facteurs sur la santé des adolescents.

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