Rapport • Expertise collective ciblée sur la cocaïne (Inserm)

Image: Inserm Cocaine 2026

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Le Pôle expertise collective de l’Inserm (France) a publié dernièrement une expertise collective ciblée sur la cocaïne, réalisée à la demande de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et du ministère français de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Ce rapport est basé sur l’analyse de près de 2 500 références scientifiques internationales par un groupe pluridisciplinaire d’experts couvrant les domaines de l’épidémiologie, de la sociologie, de l’économie, de l’addictologie, de la prévention, de la réduction des risques et des dommages, et des trafics. Il présente un état des lieux actualisé et contextualisé des usages de cocaïne en France, et de leurs impacts sociaux et sanitaires. Cette expertise propose des leviers d’action pour une approche globale incluant prévention, réduction des risques et des dommages, prise en soins et politiques publiques.

Des leviers concrets dont l’efficacité est montrée par les données disponibles

D’une façon générale, il ressort des études que les approches de santé publique sur les substances illicites, dont la cocaïne, comprennent la prévention et l’éducation du public cible, la réduction des risques et des dommages – RdR, la prise en soins des troubles de l’usage et une dimension apparue plus récemment de mesure d’efficacité fondée sur les preuves.

Pour répondre de façon plus efficace et plus humaine à l’urgence sanitaire et sociale posée par la consommation de cocaïne, plusieurs pistes d’action sont identifiées par les experts : le renforcement des politiques de prévention et la RdR constituent notamment une première ligne d’actions essentielles, visant à limiter l’initiation de la consommation et à freiner l’expansion des usages problématiques.

Sur l’aspect éducatif et préventif, les experts recommandent ainsi le développement de campagnes ciblées, de prévention par les pairs (particulièrement efficaces auprès des jeunes personnes consommatrices) et les stratégies auto-préventives. Ils pointent l’intérêt de l’usage de services numériques via Internet afin d’atteindre les populations plus insérées de façon large et à moindre coût et d’offrir un premier niveau d’aide, de psychoéducation et de soutien.

Autre levier majeur : le développement et le renforcement des dispositifs de réduction des risques, tels que les salles de consommation à moindre risque (SCMR) avec des systèmes de ventilation adaptés aux consommations par inhalation, le drug checking et la distribution de matériel stérile (seringues pour l’injection et « pipes à crack » pour l’inhalation) qui ont montré leur efficacité, mais dont le déploiement reste limité.

Concernant la prise en soins, l’expertise insiste sur l’importance de l’investissement dans la recherche sur les traitements innovants et la formation des professionnels afin d’améliorer l’accompagnement sanitaire et social des personnes consommatrices.

(…) Sur le plan législatif, la décriminalisation de l’usage de drogues est au cœur des débats européens. La législation française en matière d’infractions à la loi sur les stupéfiants est considérée comme l’une des plus répressives en Europe. N’établissant aucune distinction entre les drogues, la répression actuelle se concentre principalement sur les usagers qui représentent 90 % des interpellations, avec des amendes forfaitaires dont le montant vient d’augmenter.

Pourtant, cette approche semble peu efficace : malgré les saisies record et les coûts importants de police et de justice engagés, l’offre et la demande de cocaïne continuent d’augmenter. Certaines données suggèrent même que la répression policière aggraverait les problèmes sociaux, sanitaires et judiciaires des personnes présentant des troubles de l’usage. La criminalisation engendrerait aussi une incertitude concernant la composition des produits, exposant davantage les personnes qui consomment à des risques.

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