Dans l’enfer du crack : un phénomène de plus en plus répandu depuis le Covid (Moustique)

Vendu à 10 euros “le caillou”, ce substitut de cocaïne aux effets immédiats se répand essentiellement dans les milieux les plus précarisés des grandes villes. La consommation a explosé depuis la crise sanitaire malgré un travail de sensibilisation sur le terrain.

(…) Les indices d’une forte augmentation de l’usage du crack sont indéniables. Christopher Collin avance une explication. “Plus une population se précarise, plus elle a recours à des produits psychotropes, quels qu’ils soient. Il y a encore quelques années, la consommation de crack existait, mais elle était marginale. Aujourd’hui, elle explose. On voit que les années Covid nous ont ramené des gens qui jusque-là étaient sur le fil et qui ont sombré. Par ailleurs, la cocaïne, avec le déversoir qu’est le port d’Anvers, n’a jamais été aussi présente en Belgique qu’aujourd’hui.” Le crack est-il l’apanage des populations précarisées? ­Christophe Collin en est persuadé. “Même si transformer de la cocaïne en crack était, jusqu’il y a peu, une pratique d’initié. Mais maintenant, ce que l’on constate, c’est que cette pratique s’est répandue. Et que de petits labos préparent avec quelques grammes de coke des cailloux, les fractionnent et les vendent pour 10 voire 5 euros. Cinq euros pour s’envoyer en l’air, c’est une proposition “attrayante“ pour un jeune voire un très jeune. Tout ça nous amène dans un cocktail sociétal explosif.” (…)

Éric Husson dirige Lama, une ASBL née en 1982, la première structure bruxelloise à avoir proposé des traitements de substitution à l’héroïne. “Le crack est une consommation d’automédication. Les gens traitent avec cette drogue leurs souffrances, leur isolement, leur décrochage social. Le crack en station de métro, ce n’est pas une consommation festive. C’est de l’oubli voire de l’autodestruction. Le problème, c’est que s’il y a des traitements de substitution pour l’héroïne (notamment la méthadone), il n’y en a pas pour le crack. On ne peut donc pas soigner le symptôme.” (…)

Il faut travailler sur les sous-jacents. Les raisons qui amènent quelqu’un à prendre du crack. Mais si la personne n’a pas de papiers, n’a pas de revenus, n’a pas de logement, n’a pas de perspectives et vit ­constamment dans l’exclusion et la précarité, ça vous donne une idée des conditions à mettre en place pour prendre en charge ces utilisateurs.” (…)

Lire l’article / source : Dans l’enfer du crack : un phénomène de plus en plus répandu depuis le Covid (Moustique 12/03/2023)

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