Alors que la « guerre » contre la drogue se solde par un échec sanitaire et social, notamment dans la capitale, des acteurs de terrain défendent une autre voie, celle de la réduction des risques. Un modèle qui peine à s’imposer face à une politique répressive qui absorbe l’essentiel des financements publics.
(…) « Le but, ce n’est pas juste de faire un testing de produits, c’est surtout d’entrer en contact », explique Robin Drevet, coordinateur de première ligne chez Modus Vivendi. À l’origine, une question simple guidait la réflexion: comment rester en contact avec les usagers de drogues dans les milieux festifs? Depuis 2001, deux soirs par semaine, l’association ouvre cet espace à mi-chemin entre lieu d’accueil et laboratoire mobile.
Les chiffres que rappelle le coordinateur bousculent les représentations: «95% des personnes qui consomment des produits n’ont pas de consommation problématique.» On est bien loin de l’image du toxicomane en perdition. Selon les données d’Eurotox, l’observatoire socioépidémiologique alcool-drogues en Wallonie et à Bruxelles, la majorité des usagers sont socialement intégrés, consomment de manière ponctuelle, sans présenter de signes de dépendance physique.
(…) Dans son bulletin législatif et politique 2024, l’observatoire précise que la Belgique consacre 48 % de ses dépenses publiques «drogues» au pilier sécurité, tandis que la réduction des risques ne représente que 0,23 % et la prévention 0,84 %. Concernant la région Bruxelles-Capitale, la plupart des financements sont dirigés vers le contrôle et la répression, tandis que les dispositifs de réduction de la demande (prévention, réduction des risques et traitements adaptés) restent sous-investis.
Lire l’article : Des soirées «stupéfiantes» : accompagner plutôt que punir, Lisa Guillaume, Alter Échos n°526 (décembre 2025)

