Nouvelle Stratégie interfédérale pour une politique globale et intégrée en matière de drogues 2026–2029

Image: Strategie Interfederale Drogues 2026–2029 Cover

La Réunion Thématique Drogues (RTD) a approuvé ce 2 mars 2026 la nouvelle Stratégie interfédérale pour une politique globale et intégrée en matière de drogues 2026–2029. Cette stratégie s’appuie sur la Stratégie précédente 2024–2025, en tenant compte des tendances récentes en matière de consommation ainsi que des évolutions sur les marchés des drogues légales et illégales.

L’actualisation de la Stratégie interfédérale drogues 2024–2025 constituait l’une des priorités de la Cellule Générale Politique Drogues, comme décidé par la Réunion Thématique Drogues en mai 2025. La Belgique a en effet un besoin crucial d’une politique interfédérale cohérente et coordonnée en matière de drogues et d’addictions.

Les types de substances psychoactives proposés dans notre société – tant légales qu’illégales – sont nombreux et variés. La Stratégie interfédérale s’étend à tous les produits et tous les comportements à potentiel addictif qui peuvent engendrer – de manière avérée ou potentielle – une dépendance et qui peuvent avoir un effet nocif à partir d’un certain niveau d’exposition, tels que les drogues illégales, l’alcool, les produits du tabac et assimilés (dont les vapes), les médicaments psychoactifs, les addictions comportementales (jeux de hasard, jeux vidéo) ainsi que d’autres produits à potentiel addictif (produits dopants, protoxyde d’azote).

Le phénomène de la drogue – tant du côté de la demande que de l’offre – évolue rapidement.

La majorité de la population belge ne consomme pas de drogues illégales, et l’usage quotidien d’alcool et de cigarettes traditionnelles est en baisse. L’usage du cannabis chez les 15–18 ans diminue également. Cependant, pour d’autres substances ou formes de consommation, on ne constate pas encore cette tendance à la baisse. Il est donc nécessaire de poursuivre les efforts dans ces domaines.

En ce qui concerne l’offre, nous sommes confrontés à un marché illégal extrêmement dynamique : il s’adapte rapidement à l’apparition de nouvelles substances ou produits, ainsi qu’à de nouvelles méthodes de livraison ou de distribution. En Belgique, nous observons à la fois une production locale (cannabis, drogues synthétiques, produits du tabac illégaux) et l’importation, le transit et l’exportation via notre vaste infrastructure logistique et numérique. Ce phénomène s’accompagne souvent de violences liées aux drogues, de corruption, de trafic d’armes et de blanchiment d’argent.

Pour pouvoir répondre efficacement aux évolutions du phénomène de drogue, tant du côté de la demande que de l’offre, une vision globale est essentielle.

La Stratégie interfédérale drogues 2026–2029 couvre toutes les facettes de la prise en charge du phénomène des drogues, depuis la prévention et la réduction des risques et dommages liés à l’usage de drogues et aux comportements à potentiel addictif, jusqu’à l’offre d’assistance et d’accompagnement, en passant par une approche répressive de la criminalité et des nuisances liées aux drogues.

Cette Stratégie vise à protéger et à renforcer une société saine, sûre et prospère pour tous au moyen d’une politique en matière de drogues équilibrée, globale et intégrée, intersectorielle, holistique et fondée sur les données probantes.

Les six objectifs stratégiques suivants constituent les piliers de cette Stratégie interfédérale transversale et globale :

  1. Promouvoir et protéger la santé et le bien‑être. Cet objectif vise à déconseiller et à prévenir la consommation de substances addictives, à retarder autant que possible les premières consommations et à limiter les risques et les dommages liés à la consommation de substances addictives.
  2. Organiser une offre d’assistance et d’accompagnement multidisciplinaire et intégrée orientée vers le rétablissement. Ce pilier vise à organiser l’offre d’assistance nécessaire — et à réduire le délai de prise en charge — pour les personnes ayant besoin de soins, de traitement ou d’un accompagnement en raison d’un problème d’addiction (comorbide). Une attention particulière est accordée au rôle des experts par expérience, de la famille et de l’entourage dans l’offre d’assistance et dans le processus de rétablissement d’une personne confrontée à des problèmes d’addiction.
  3. Mener une politique répressive renforcée visant à la lutte contre les risques et les dommages sociaux liés aux marchés des drogues illicites. Ce pilier concerne la lutte contre les marchés des drogues illicites. Cela implique de renforcer la résilience, entraver, sanctionner et protéger, y compris le suivi.
  4. Lutter contre les risques et les dommages liés aux marchés des produits légaux. Ce pilier concerne la lutte contre l’offre illégale au sein des marchés légaux, en particulier en matière d’alcool, de produits à base de tabac et de produits similaires, de médicaments psychoactifs et de jeux de hasard et d’argent.
  5. Prévoir une stratégie de monitoring qualitative pour la mise en œuvre d’une politique globale et intégrée en matière de drogues. La politique doit s’appuyer sur une collecte, une analyse et des rapports fiables. Cela implique à la fois des collectes de données continues et périodiques et des recherches scientifiques ad hoc.
  6. Renforcer davantage la coordination et l’harmonisation nationales et internationales en vue d’une politique en matière de drogues globale et intégrée. Étant donné la nature multidimensionnelle et internationale du phénomène des drogues, la coordination et l’harmonisation sont cruciales pour le développement et la mise en œuvre d’une politique en matière de drogues globale et intégrée.

En 2026, la Cellule Générale Politique Drogues s’engagera à traduire ce plan stratégique en un plan d’action, accompagné d’une stratégie de suivi et d’évaluation clairement définie.

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Communiqué de presse (2/3/2026)

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