Crédits votés, décisions inappliquées : les associations de prévention questionnent le respect des décisions parlementaires à bruxelles

Communiqué de presse inter-associatif

Bruxelles, le 30 juin 2026 – Les associations bruxelloises financées dans le cadre du Plan Global de Sécurité et de Prévention (PGSP) – qui soutient des services essentiels destinés aux personnes confrontées aux addictions, au sans-abrisme, aux violences sexistes et sexuelles, à la traite des êtres humains ou à la prévention de la polarisation n’ont toujours reçu aucun financement couvrant les trois premiers mois de l’année 2026. Pourtant, les crédits correspondants ont été votés par le Parlement le 18 décembre 2025. Plus de six mois après le début de l’exercice concerné, aucune liquidation n’est intervenue. Alors que ces associations accompagnent chaque année plus de 100.000 personnes parmi les plus vulnérables de la Région, elles dénoncent une situation qui interroge directement le respect des décisions démocratiquement adoptées par le Parlement bruxellois.

Des démarches multiples restées sans réponse

Depuis de nombreux mois, les associations concernées multiplient les démarches auprès des autorités régionales : courriers adressés aux cabinets compétents, demandes de rencontres, interpellations parlementaires, mobilisations collectives, actions publiques, communiqués de presse et interventions dans les médias.

À ce jour, elles n’ont reçu aucune réponse concrète concernant le calendrier de liquidation des financements couvrant les mois de janvier, février et mars 2026.
Cette situation apparaît d’autant plus incompréhensible que le Ministre-Président Boris Dilliès déclarait publiquement, dans les colonnes de L’Echo en mai 2026, que ces financements seraient liquidés “dans les prochaines semaines”. Près de deux mois après cette déclaration, les associations concernées n’ont reçu ni arrêté, ni notification officielle, ni versement des montants attendus.

Une décision du Parlement toujours sans effet

L’ordonnance de crédits provisoires adoptée par le Parlement régional le 18 décembre 2025 avait précisément pour objectif d’assurer la continuité des politiques publiques dans l’attente de l’adoption d’un budget régional.

Les associations ne comprennent pas comment des crédits votés démocratiquement peuvent rester sans effet plus de six mois après le début de l’exercice concerné.
Au-delà des difficultés financières que cette situation engendre pour leurs structures, elles estiment qu’elle soulève une question institutionnelle majeure : quelle valeur est accordée aux décisions votées par le Parlement lorsqu’elles ne se traduisent pas concrètement sur le terrain pendant des mois ?

Après de multiples démarches restées sans réponse, les associations expriment leur profonde inquiétude face à une situation qui fragilise la confiance entre les institutions publiques et les acteurs chargés de mettre en œuvre les politiques régionales.

Des missions essentielles menacées

Les dispositifs concernés interviennent quotidiennement auprès des publics les plus vulnérables de la Région bruxelloise : personnes confrontées aux addictions, personnes sans-abri, victimes de violences sexistes et sexuelles, victimes de traite des êtres humains, jeunes en situation de fragilité ou encore personnes vivant dans une grande précarité. Ils développent également des actions essentielles de cohésion sociale, notamment en matière de prévention de la polarisation et de lutte contre les discriminations.

À travers ces services, plus de 100.000 personnes bénéficient chaque année d’un accompagnement essentiel.

Près de 75 emplois sont directement liés à ces financements.

Depuis plusieurs mois, les associations absorbent seules les conséquences de cette situation en mobilisant leurs réserves financières, en reportant certaines dépenses et en maintenant leurs équipes dans une incertitude permanente. Elles indiquent aujourd’hui avoir atteint leurs limites.

Les associations demandent des réponses immédiates

Les associations demandent aux autorités régionales de communiquer sans délai :

  • la date effective de liquidation des financements couvrant les trois premiers mois de 2026 ;
  • les raisons expliquant l’absence d’application des crédits votés par le Parlement ;
  • les mesures qui seront prises pour rétablir la confiance entre les institutions régionales et les acteurs associatifs concernés.

Après des mois de silence et d’incertitude, les associations estiment être arrivées à un point de rupture.

Les conséquences des décisions qui ne sont pas prises ne pourront plus être assumées par le secteur associatif seul.

À travers les associations concernées, ce sont des missions essentielles de prévention, de cohésion sociale, de réduction des risques et d’accompagnement des publics les plus fragilisés qui sont aujourd’hui menacées.

Signataires

ADDE, Arts&Publics, BeFUS, Bulle Wasserette Mobile, CAB, Casa Legal, Centre d’éducation à la citoyenneté du centre communautaire laïc juif David Susskind, CPF Woman’Dō, DIOGENES, DUNE, Ecran large sur tableau noir/Vivrensemble au cinéma, FAIRWORK Belgium, Fédération Laïque de Centres de Planning Familial, Femmes de droit, Foyer, GAMS Belgique, Infirmiers de rue, JES Academy, Le Musée juif de Belgique, Les Grignoux, Medimmigrant, Modus Vivendi, Oasis Belgium, PAG-ASA, Projet LAMA, SoHab, Teach for Belgium, Touche Pas à Ma Pote, 2bouts

Contact presse

charlotte.bonbled(@)dune-asbl.be 0499/51.26.31

Télécharger le communiqué de presse (30/06/2026)

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