Les États membres de l’ONU lancent une révision attendue depuis longtemps du « mécanisme » de contrôle des drogues de l’ONU avec une alliance politique nouvellement émergente
Dans un contexte de troubles mondiaux et de ruptures multilatérales, la 68e session de la Commission des stupéfiants des Nations Unies s’est achevée vendredi 14 mars 2025 sur un tournant dans l’histoire des politiques mondiales en matière de drogues. Avec une majorité écrasante de 30 voix pour, 18 abstentions et 3 voix contre – l’Argentine, la Russie et les États-Unis –, le principal organe décisionnel des Nations Unies en matière de drogues a décidé de créer un groupe d’experts indépendants pour repenser le régime mondial de contrôle des drogues.
La Commission a également offert un aperçu d’un ordre multilatéral différent, porté par une nouvelle alliance émergente de pays du Sud et du Nord unis pour défendre le principe de responsabilité commune et partagée face à des États-Unis belliqueux et intransigeants. Mené par la Colombie, ce groupe naissant a le potentiel de trouver une vision transrégionale pour une nouvelle approche face à un système de contrôle des drogues défaillant qui cause des ravages mondiaux en matière de santé et de droits humains.
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Immédiatement après l’adoption de la résolution, l’ambassadrice de Colombie, Laura Gil, a clairement indiqué que ce processus visait à intégrer les besoins et les préoccupations de tous les États membres, même si leur approche de la situation mondiale en matière de drogue diffère de celle de la Colombie. Elle a toutefois rappelé aux délégués le prix extrêmement élevé payé par son pays pour lutter contre le trafic de drogue et la nécessité urgente d’un changement :
« …Chaque Colombien comprend et ressent que le problème mondial de la drogue nous menace tous, et cette table ronde est une invitation, sous l’égide des conventions, à repenser, à revisiter le principe de responsabilité commune et partagée, aujourd’hui et maintenant. Mon pays a sacrifié plus de vies que tout autre dans la guerre contre la drogue qui nous a été imposée… Nos meilleurs hommes et femmes, ainsi que la majeure partie de notre budget national, ont été consacrés à la lutte contre le trafic illicite. Nous avons besoin de moyens nouveaux et plus efficaces pour mettre en œuvre un système mondial. Continuer ainsi ne mènera à rien. »

