Carte blanche • Santé mentale : l’agriculture sociale, une solution ignorée ?

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Malgré plusieurs soutiens publics, les subsides octroyés pour 2026 ne permettront pas à l’ASBL Nos Oignons de continuer ses activités. Elle fermera ses portes mi-octobre. Ce sont en fait tous les projets d’agriculture sociale et de soin qui manquent de perspective et de soutien en Belgique francophone. Or, face à la crise de la santé mentale, cette approche est largement reconnue comme bénéfique. Nos Oignons publie une carte blanche soutenue par plus de 200 professionnel·les et institutions des secteurs de la santé (dont la féda bxl), de l’agriculture, de l’environnement.

Santé mentale : l’agriculture sociale, une solution ignorée ?

Extraits de la carte blanche de l’asbl Nos Oignons • Bruxelles, 23 juin 2026

Jérémy, 42 ans, agriculteur, réalise des semis ce matin. Aujourd’hui, il accueille Yasmine, 57 ans. Il y a sept mois, elle travaillait encore dans un bureau. Puis, le burn-out, le corps qui lâche, la tête qui ne suit plus. Ici, elle souffle, retrouve un rythme au contact de la nature. A leurs côtés, il y a Jonathan, 20 ans, qui côtoie un service de jour en santé mentale. A la ferme, il trouve un cadre sans pression. Une fois par semaine, Jérémy partage son métier et bénéficie de coups de mains. Camille, qui travaille pour l’asbl Nos Oignons, est présente à leurs côtés. C’est elle le premier contact des volontaires.

Depuis 2017, en Belgique francophone, plus de 1.500 personnes ont été accueillies dans une des 330 fermes partenaires des 14 projets-pilotes qui pratiquent l’agriculture sociale et de soin, en groupe ou de manière individuelle. De Tournai à Lierneux en passant par Anderlecht et Jodoigne, des personnes que la société qualifie de « fragilisées » reprennent pied.

Parmi ces acteur·ices, l’asbl Nos Oignons joue un rôle pionnier depuis 10 ans pour fédérer les initiatives à l’échelle régionale. Elle est aussi cheville ouvrière d’un programme d’étude dédié à l’accompagnement des personnes en burn-out.
Pourtant si rien ne bouge, elle fermera ses portes faute de financements pérennes.

(…)

Nous demandons que le Gouvernement wallon concrétise son soutien, en finançant des équipes à même d’accompagner les publics accueillis et les fermes partenaires, en les défrayant pour leur fonction d’accueil. Nous demandons au Gouvernement wallon de soutenir l’agriculture sociale et de soin à la hauteur des enjeux, durablement. Nous demandons au Gouvernement bruxellois de soutenir la contribution de l’agriculture urbaine à la santé publique. Car, au vu de la crise des trois santés interconnectées – humaine, sociale et environnementale -, cette solution est rentable pour la société.

Elle doit être considérée comme une politique publique intersectorielle. Il est urgent d’agir pour ne pas perdre l’expertise de l’asbl Nos Oignons, et de ses collègues à peine mieux lotis.

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