Michaël Hogge (Eurotox) : « En matière de drogues, plus on réprime et plus il y a de violence » (Le Soir)

Entretien avec Michaël Hogge, chargé de projets épidémiologiques à Eurotox, l’observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie et à Bruxelles.

L’addiction ne doit pas être réduite à une question de choix et de responsabilité individuelle, car il y a énormément d’inégalités sociales qui font que certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres

Le Soir : Si vous deviez retenir un levier d’action principal à la disposition des politiques pour mieux prendre en charge la toxicomanie dans notre pays, ce serait lequel ?

Difficile de résumer à un seul, évidemment. Mais si je devais en retenir un, dont le coût serait relativement réduit et l’impact positif assez conséquent, ce serait la décriminalisation du simple usage de drogues. A la manière de ce qu’a fait le Portugal il y a un peu plus d’une vingtaine d’années. Actuellement, on donne une réponse criminalisante et finalement peu adaptée par rapport à la problématique, puisqu’on a le plus souvent affaire soit à des personnes dont l’usage est récréatif, sans trop de nuisance ou d’impact sur la santé, soit à des personnes qui sont dans une consommation plus chronique, plus sévère, qui relèvent plutôt de la maladie. Avoir une réponse criminalisante n’est pas adéquat dans un cas comme dans l’autre. La décriminalisation ne consiste pas à lever la punition, mais à la remplacer par une évaluation individualisée afin d’apporter une réponse sur mesure. Ça peut être fournir une information, des conseils en prévention ou de réduction des risques en cas d’usage récréatif, ou de l’accompagnement médical ou psychosocial, quand on a affaire à des usages plus problématiques. La Chambre de traitement de la toxicomanie, c’est un peu un entre-deux, entre la position actuelle, répressive et punitive et la décriminalisation telle qu’envisagée au Portugal.

Lire la suite de l’interview : Michaël Hogge (Eurotox) : « En matière de drogues, plus on réprime et plus il y a de violence » (Le Soir, 3/6/2024)

Twitter Facebook LinkedIn Pinterest Email