Cette sélection bibliographique de l’asbl Nadja propose un état des lieux des interactions complexes entre l’individu, son environnement social et le produit alcool.
L’alcool cristallise des représentations ambivalentes, entre ingrédient de convivialité, produit du quotidien et risque majeur pour la santé, qui orientent à la fois les usages, les politiques et les pratiques de soin.
L’analyse comme « drogue dominante » des sociétés occidentales rappellent combien l’histoire et la culture façonnent la manière dont sont perçus les usages et les problèmes d’alcool, avec des effets possibles de stigmatisation sur les personnes concernées. L’étude Delphi met en lumière des mythes tenaces autour du trouble lié à l’usage d’alcool – responsabilité individuelle, incurabilité – et ouvre des pistes pour des interventions de lutte contre la stigmatisation mieux ancrée dans les données probantes.
En regard, les recherches menées en 2025 sur la campagne Tournée Minérale montrent comment une abstinence d’un mois peut s’accompagner de changements favorables de consommation, en particulier chez les gros buveurs, tout en soulignant les limites pour attribuer ces évolutions à la seule campagne. D’autres contributions interrogent la baisse de la consommation chez les jeunes adultes, les trajectoires vers une consommation modérée ou l’abstinence, ainsi que les expériences sociales des non-buveurs, entre pressions normatives et soutien de l’entourage.
Enfin, des approches plus cliniques, philosophiques et pratiques – qu’il s’agisse de l’analyse du lien entre alcool et solitude, des réflexions sur l’invisibilisation sociale ou encore des outils d’auto-évaluation et des recommandations de santé publique – invitent les professionnels à penser l’alcool au-delà de la substance : comme un fait social total où se rejouent normes, identités, rapports de pouvoir et marges de manœuvre pour l’action préventive et thérapeutique.


Poster un Commentaire